Mozart était-il Allemand ou Autrichien ?

Compositeur de génie, Mozart est cependant un musicien à la nationalité incertaine. Mais pourquoi hésite-t-on ainsi entre celle allemande ou celle autrichienne, et quelle est la réponse ?

Une ville de naissance qui a changé d’affiliation

Wolfgang Amadeus Mozart est né à Salzbourg le 27 janvier 1756. Aujourd’hui, cette ville est autrichienne, ce qui reviendrait à dire que Mozart était bien autrichien. Toutefois à cette date, l’archevêché de Salzbourg n’avait pas encore rejoint l’Autriche, mais il appartenait au Saint Empire romain germanique ; elle ne le fut qu’en 1816 ; il serait donc peu exact de dire que Mozart était autrichien. Peut-on cependant dire qu’il était allemand, alors qu’en 1756, l’Allemagne n’existait pas en tant que nation ?

Un concept de nationalité flou

Par ailleurs, dans l’Europe de l’Est, à la différence de l’Angleterre ou de la France du XVIIIe siècle, le concept de nationalité n’était pas véritablement établi. Salzbourg, tout en faisant partie du Saint Empire romain germanique, était sous domination d’une dynastie autrichienne : les Empereurs germaniques venaient de la maison des Habsbourg, une famille qui régnait sur l’archiduché Autriche.

Des arguments en faveur de la nationalité allemande

Mozart lui-même se considérait comme allemand. Son père était né à Augsbourg, en Souabe. L’allemand fut en outre la langue de nombre de ses opéras.

Des arguments en faveur de la nationalité autrichienne

Après avoir travaillé au service du prince archevêque de la ville, Mozart s’est installé à Vienne en 1782 et y mourut quelques années plus tard, le 5 décembre 1791. C’est à Vienne que le compositeur s’épanouit véritablement. C’est pourquoi l’on s’accorde généralement à dire que Mozart était autrichien.

Pour en savoir plus sur Mozart

Né le 27 janvier 1756, Mozart est le dernier-né d’une famille de sept enfants, mais l’unique survivant avec sa sœur Maria. Il révèle très tôt ses dons pour la musique, grâce auxquels il se verra attribuer le qualitatif de « divin Mozart ». Il joue à cinq ans devant l’impératrice Marie-Thérèse, et compose sa toute première œuvre, un menuet pour piano. Deux ans plus tard, il commence une tournée qui le fait voyager pendant près de cinq années, avec sa sœur et sous la surveillance de leurs parents, dans toute l’Europe. Il vit intensément, s’enivrant de musique, de travail et de mondanités, mais est victime de nombreuses maladies, rongé par les soucis financiers et familiaux. Il navigue entre excitation et dépression. Après une seconde tournée, il prend un emploi auprès du prince-archevêque, mais une sévère dispute le conduit à s’établir à Vienne, où il épouse Constance Weber, avec qui il aura six enfants, dont deux seulement survivront. Il écrit des opéras, notamment L’Enlèvement au sérail, premier opéra en allemand en non plus en italien. Il vit des œuvres qu’il vend, des concerts qu’il donne et des cours qu’il prodigue. Mais il dépense aussi sans compter. Il meurt d’épuisement le 5 décembre 1791, laissant inachevé un Requiem commandé par le comte Walsegg, compositeur médiocre qui comptait le faire jouer sous son nom dans sa chapelle privée en mémoire de son épouse.

Commentaires