Pourquoi les oiseaux migrateurs volent en V ?

Les oiseaux migrateurs ont l’étrange habitude, lorsqu’ils se déplacent en groupe, de voler en V. Mais pourquoi se disposent-ils ainsi ?

Les deux hypothèses avancées

Les scientifiques ont émis deux hypothèses. Selon la première, la formation en V présente une efficacité naturelle d’un point de vue aérodynamique. Ils ont dressé un parallèle entre les groupements d’avions militaires qui adoptent une telle disposition pour économiser du carburant en profitant d’un phénomène d’aspiration. Selon la seconde, un chef de groupe guiderait les oiseaux, le meilleur navigateur prendrait ainsi la tête du groupe et les autres oiseaux le suivraient.

Les difficultés soulevées par ces deux hypothèses

L’hypothèse d’un guide n’a jamais pu être prouvée, d’autant plus qu’un oiseau est apte à prendre n’importe quel rôle suivant son placement au sein de la formation. Quant à la première hypothèse, même si elle semble donc la plus logique, elle se heurte elle-aussi à des objections. En effet, selon la théorie, pour réellement profiter du vol en V, les oiseaux auraient besoin d’une coordination particulièrement précise : il faudrait que chacun d’eux se situe dans la partie ascendante du tourbillon d’air qui se crée à la pointe des ailes du volatile devant lui. Or, un oiseau a un déplacement bien plus instable qu’un avion. En effet, puisqu’il bat des ailes, le tourbillon généré n’a se cesse de monter et descendre. Pour profiter au mieux de la traînée aérodynamique, l’oiseau suiveur devrait donc ajuster le rythme de son battement d’ailes à celui de son devancier.

Les réponses apportées par les études scientifiques

La revue Nature a publié le 16 janvier 2014 une étude qui viserait cependant à conforter l’hypothèse aérodynamique. Le physiologiste Steven Portugal, du Royal Veterinary College de Hartfield a, pour trouver une réponse à cette énigme, étudié des ibis. 14 jeunes de ces échassiers à long cou ont été équipés de capteurs miniaturisés. Puis, selon le principe de la migration dirigée (il s’agissait d’un projet de réintroduction de l’ibis chauve, presque éteint en Europe), un avion ultraléger a conduit ces oiseaux migrateurs de l’Autriche jusqu’en Toscane. La position de chacun d’eux a été mesurée tout au long du voyage puis les données du GPS ont été associées à celles de l’accéléromètre, qui comptabilisait le nombre de battements d’ailes et leur rythme. La conclusion des chercheurs a été que les oiseaux profitaient des courants porteurs et optimisaient leur énergie. Ils se placent en effet à bonne distance de leurs compagnon de vol pour bénéficier pleinement du phénomène d’aspiration. Et leurs battements d’ailes sont effectivement synchronisés. Les volatiles sont dont capables de percevoir les courants d’air et de s’y adapter avec une extrême précision.

L’oiseau de tête

De plus, ces études ont démontrés que les oiseaux changent de position fréquemment dans la formation (l’oiseau de tête se fatigue le plus). Il y a ainsi une sorte de partage de l’effort qui permet à tout le groupe d’économiser de l’énergie.

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