Pourquoi Jean-Baptiste Poquelin est-il surnommé Molière ?

« Molière » était le nom de scène de Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673).

La honte d’être comédien

Molière

A l’époque, jouer au théâtre était mal vu dans la société, en particulier à cause de l’Église catholique qui considérait les acteurs comme des êtres dépravés ; elle leur refusait même d’être enterrés dans un cimetière. C’est pourquoi souvent les comédiens prenaient des pseudonymes pour préserver leur famille de la honte. Tel fut donc le cas de ce dramaturge et comédien. Au XVIIème siècle, les comédiens aimaient se tourner vers des références florales ou géographiques ; on trouvait ainsi Bellerose, Floridor, Champmêlé, Beauval, la Source ou encore des Roches. Au moment de la fondation de l’Illustre Théâtre, l’auteur signe de son propre nom, et ce jusqu’au 28 juin 1644, date à laquelle apparaît pour la première fois la formule «Jean-Baptiste Poquelin dit Molliere» et où il signe «De Moliere».

Les raisons inconnues du choix d’un nom

Quant à l’origine même du nom, elle est peu certaine. Selon son biographe Grimarest, il n’a jamais expliqué ni justifié ce choix, « même à ses meilleurs amis ». Un tel silence n’a pas manqué d’entourer ce pseudonyme d’une certaine aura. Les hypothèses sont nombreuses à avoir été émises : emprunt au danseur Molier que l’auteur connut dans sa jeunesse, nom d’un village traversé ou encore hommage à un écrivain célèbre de l’époque, François de Molière, assassiné en 1624. Mais si l’on s’attache à la mode de l’époque, on peut aussi se dire que ce nom tire ses origines de la campagne : selon les dictionnaires d’alors comme Furetière (1690) ou le Dictionnaire de l’Académie française (1694), ce terme désigne une carrière de pierre dure, d’où sont tirés les meules de moulin ou qualifie certaines pierres qui servent à faire des meule. Ce nom peut donc tout simplement avoir les mêmes origines champêtres que ceux de ses compagnons.

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